JOHNSON (L. B.)


JOHNSON (L. B.)
JOHNSON (L. B.)

JOHNSON LYNDON BAINES (1908-1973)

Né au Texas dans une famille pauvre, Lyndon Johnson participe de la mythologie américaine du président-né-dans-une-cabane-de-rondins. Cette pauvreté n’est cependant pas le comble de la déchéance, puisque son père est élu à la législature du Texas: le goût de la politique est ici héréditaire. Après le lycée et quelques mois de vagabondage en Californie, Lyndon Johnson entre dans une école normale d’instituteurs. Devenu professeur d’anglais et de diction à Houston, il milite pour l’élection d’un représentant démocrate qui l’emmène comme adjoint à Washington, en 1931. Il se constitue de multiples relations et se lie avec Sam Rayburn, ami de son père et qui devait devenir un important personnage: speaker de la Chambre des représentants. C’est grâce à Rayburn que Lyndon Johnson est nommé par le président Roosevelt directeur pour le Texas d’une organisation pour la jeunesse du New Deal (National Youth Administration). En 1937, Johnson saute le pas et se présente comme candidat à la députation. Soutenant à fond la politique de Roosevelt, il est triomphalement élu. Le président, qui a pris la mesure du jeune ambitieux, le fait nommer à la puissante commission des Affaires navales de la Chambre: c’est une promotion exceptionnelle pour un nouvel élu. Johnson ne manque pas de couvrir sa circonscription de réalisations fédérales (barrages, électrification rurale, etc.), qui ne peuvent qu’accroître sa popularité. Effectivement, malgré un échec au Sénat en 1941, il est toujours réélu député. Il devient enfin sénateur du Texas en 1948. En 1952, il devient leader du parti démocrate au Sénat. Il est le plus jeune sénateur à avoir jamais détenu ce poste. C’est une preuve de sa capacité à se faire des amis... et à obtenir leur soutien. Dans ce poste d’une extrême importance, il fait preuve d’une remarquable habileté pour convaincre ses collègues de voter dans le sens par lui souhaité lors des votes importants; il dose subtilement arguments et pressions, promesses et avantages. Il coopère avec l’administration républicaine d’Eisenhower, au grand regret des démocrates libéraux. Pour autant, ce conservateur n’est pas raciste; ce Sudiste refuse de s’associer avec ses collègues du Sud: en 1954, il soutient la décision historique de la Cour suprême abolissant la ségrégation de droit; en 1957, il favorise le passage de la première loi sur les droits civiques depuis la période de la Reconstruction. Plus ou moins candidat à la présidence en 1960, Johnson accepte de devenir le colistier de John Kennedy. La vice-présidence sera pour lui un purgatoire: le sénateur tout-puissant n’a plus que des fonctions honorifiques et n’est considéré par l’entourage de Kennedy que comme un rustre texan. Le 21 novembre 1963, c’est la tragédie de Dallas. Lyndon Johnson devient le trente-sixième président des États-Unis. Pendant les mois qui suivent, tout semble lui réussir. L’apogée, c’est la cuisante défaite qu’il fait subir au candidat républicain, Barry Goldwater, en se présentant comme le candidat de la paix et du juste milieu. Les premiers mois de 1965 voient la mise en place d’une politique de «guerre contre la pauvreté», généreuse même si elle fut souvent inefficace: aide à l’éducation, assistance médicale gratuite pour les personnes âgées ou à revenus faibles, abolition des discriminations raciales (sans, cependant, que soit attaqué le problème fondamental de la discrimination dans le logement). Mais les problèmes de politique extérieure prennent de plus en plus le pas sur la politique intérieure. Le président est à la fois peu formé en politique étrangère et persuadé que la grandeur et la générosité des États-Unis les obligent à intervenir partout où le communisme semble l’emporter. Il est à cet égard très largement représentatif d’une opinion qui eût probablement continué à le soutenir si l’aventure vietnamienne avait été couronnée de succès. Il n’en demeure pas moins que Johnson n’aidera guère cette opinion à y voir plus clair: la raison d’État permet et justifie le mensonge d’État. On peut le constater lors de l’épisode du golfe du Tonkin, en août 1964, où le Congrès, trompé par le gouvernement, lui donne carte blanche à la quasi-unanimité. Johnson révèle alors les aspects les moins séduisants de son caractère: orgueil, versatilité, soupçon, brutalité, aveuglement. Car cette guerre est menée avec une brutalité inouïe, avec la volonté non seulement de faire céder l’adversaire, mais de l’humilier. Cependant, et sans que le président s’en rende vraiment compte, l’opposition à la guerre se développe et s’organise aux États-Unis. L’offensive du Têt, qui est une défaite sinon militaire du moins politique des États-Unis, en marque un point culminant. En mars 1968, lors de l’élection primaire du New Hampshire, un inconnu, raillé par la presse, le sénateur Eugène McCarthy, est presque vainqueur: c’est une immense défaite pour Johnson. Le 31 mars 1968, un homme las et vieilli annonce à la télévision qu’il ne sera pas candidat aux élections présidentielles suivantes: Johnson, qui aurait voulu être l’homme de la «grande société», sera l’homme du doute américain. Il termine ses jours dans son ranch texan en se consacrant à la rédaction de ses Mémoires.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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